Un été à PORNIC suite et fin (2/2)

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Joliment rangé…

Installée depuis quinze ans à Pornic, l’ancienne élève des beaux-arts d’Angers concocte « ses jolies petites bidouilles », accessoires, pochettes, petits sacs, pour tout ranger. Maman de trois garçons (ici Noé et Marcus), elle s’amuse à dire qu’elle dessine et coud pour rester fille ! Cet été, Anne Houssay-Grellier a souhaité une collection aux couleurs acidulées, avec quelques touches dorées, des lignes simples, du lin, du coton et un tas de merveilles confectionnées à la main pour le rangement des petites choses (à utiliser sans modération, même par les garçons !).

Du grain à moudre

En se baladant le long du port, il n’est pas rare d’apercevoir une poudre blanche s’échapper des fenêtres d’un bâtiment XIXe. Il s’agit d’une minoterie construite en 1882 et rachetée en 1997 par le groupe des Moulins Soufflet. Là, sur le quai, la farine blanche est produite, sept jours sur sept : 85 000 tonnes de blé sont écrasées pour produire 65 000 tonnes de farine par an. Sur les quatre étages, une jungle de tuyaux se mêlent dans une disposition digne d’une oeuvre contemporaine ! Trois types de blé de la région y sont assemblés pour créer quarante farines toutes blanches destinées à Lu, Pasquier, Harry’s, les galettes St Michel et quelques boulangers de Pornic. Moulins Soufflet Pantin, 7, place de la Gare, Pornic.

Le bon a ses raisons

biscuitsOù sont produites les galettes St Michel ? Sur le Mont-Saint-Michel, pensez-vous ? Eh bien, non ! Le berceau de la célèbre galette est à Saint-Michel-Chef-Chef, petite ville entre Saint-Nazaire et Pornic. Née en 1905 des mains du pâtissier Joseph Grellier, la galette est restée l’incontournable des incontournables. Produite par St Michel Biscuits à Saint-Père-en-Retz, à 3 km du site historique, elle est accompagnée d’une grande famille sucrée (Roudor, sablés de Retz, madeleines, éventail d’or, palets…). Le slogan de la maison ? Si c’est bon, c’est qu’il y a une raison. Le magasin, au numéro 8 de la rue du Chevecier dans le bourg de Saint-Michel-Chef-Chef, est ouvert au public, et propose la collection au grand complet.

Patrimoine marin

Le littoral est parsemé d’une soixantaine de petites maisons de bois, postes de pêche au carrelet construits sur pilotis au-dessus de l’eau. Jack-Alain Guiho, propriétaire de la pêcherie LC83, a créé en 2001 une association pour les pêcheries de la Côte de Jade, dont le but est d’assurer la conservation de ces curiosités locales et la découverte de ces lieux intimes et uniques. Créateur et directeur du festival des Rendez-vous de l’Erdre pendant vingt ans, résidant désormais à Pornic, il entend, bien au-delà des Journées du Patrimoine, faire connaître ces trésors de petite architecture marine. Pour louer une pêcherie le temps d’une marée (office du tourisme de la Plaine-sur-Mer, Préfailles) et à Saint-Brévin, tél. 07 87 96 28 08.

Architecture balnéaire

architectureDerrière de grands murs de pierres sèches, les propriétés balnéaires se dessinent tout en découpes de bois, de toitures et d’encadrements de briques, donnant à la côte une allure bourgeoise unique. C’est après l’arrivée du train (1875) que le quartier en face du château (Gourmalon) s’est développé avec la construction de splendides villas de famille. L’histoire de la chapelle est originale : faute d’une passerelle entre leur quartier et Pornic, les habitants de Gourmalon, lassés d’avoir tant de mal à rejoindre le lieu de culte, ont à leur frais fait bâtir une chapelle livrée en 1909 contre l’avis du clergé. La paroisse refusant d’y nommer un prêtre, les habitants ont fait appel à Rome qui finalement décidera l’ouverture d’un lieu de culte catholique.

Serpent de mer

Face à Saint-Nazaire, sur la pointe de Mindin à Saint-Brévin, l’oeuvre d’aluminium de Huong Yong Ping est posée sur la plage… Long de 130 mètres, le squelette de ce serpent imaginaire semble surveiller la montée des eaux. La queue est à la limite des marées basses, la tête à celle des marées hautes. L’oeuvre évolue et offre un spectacle qui varie au fil de la journée.

Art plastique

Dans un atelier discret de Paimboeuf, vit un artiste qui l’est tout autant. Olivier Féraud concocte des merveilles
de plastique. Il dessine, conçoit et modélise avec une maîtrise experte de la matière. Sous ses mains, les pièces de rebut,
bidons et autres contenants plastiques, deviennent furieusement design, oeuvres singulières, contemporaines, lumineuses et
graphiques. À partir d’une matière opaque, Olivier Féraud crée une harmonie dynamique de vitrail d’un nouveau genre qu’il nomme
« Lumo ». L’artiste, qui n’a pas de galerie, crée peu de pièces… et souvent sur commande. Une oeuvre unique, tonique, remarquable !

Jardin étoilé

L’architecte japonais Kinya Maruyama a imaginé en 2007 à Paimboeuf un jardin de conte de fées, à l’occasion d’un grand «workshop » auquel participaient des étudiants français ou étrangers et les élèves des écoles de la petite commune. Réalisée pour la première biennale d’art contemporain « Estuaire » avec des matériaux de récupération, cette oeuvre collective et pérenne a été remaniée en 2009, puis détruite en 2010 par la tempête
Xynthia. En 2012, le jardin a été reconstruit. Il est aujourd’hui un lieu de rencontres entre les cultures asiatiques et européennes,
toutes deux dans un cheminement artistique qui raconte l’échange et le rêve. C’est un espace poétique extraordinaire, à visiter absolument. Quai Edmond Libert, Paimboeuf.

Cuisine iodée

Une adresse discrète pour une cuisine de grande qualité. Le chef Alain Rabaça (notre photo) y propose des produits de la région travaillés avec passion. La réservation est impérative, tant le lieu a du succès. L’Artimon, 17, rue Jean-du-Plessis, La Bernerie-en-Retz.

Couleurs de façade

Sur le quai de Paimboeuf, face au seul phare de la Loire, deux étonnantes façades affichent leur originalité. L’une, compilée de bois, est celle du brillant sculpteur et peintre Dominique Leroy, l’autre, voisine, est celle de l’artiste peintre aux toiles chaudes Do Fournier. Chaque année, le thème des deux maisons change, avec à chaque fois une ébouriffante créativité. Dominique Leroy, 98, rue du Général-de-Gaulle, Paimboeuf.

Art pluriel

Dans son atelier de Sainte-Marie-sur-Mer, à deux pas de l’Océan, Artak Sakanyan imagine un monde meilleur. L’artiste d’origine russe et arménienne transcrit depuis huit ans ses émotions en peinture ou en céramique. Un grand-père écrivain et journaliste, une grand-mère musicienne lui ont transmis le virus de la création. D’abord assistant réalisateur à Saint-Pétersbourg, il a ensuite préféré changer de cap en s’inscrivant dans une école de design. Aujourd’hui, la nature, la féminité reviennent continuellement dans cette oeuvre au caractère sensible. Auteur de modèles uniques pour la faïencerie de Pornic, l’artiste expose dans son atelier céramiques et dessins, ainsi que des toiles lumineuses et positives ou de merveilleuses mains à sel inspirées de la déesse Anattit (photo). Un artiste multiculturel à suivre…

Les pieds dans le sable

plageUne adresse que l’on se repasse entre copains, tant le lieu est magique. C’est beau, c’est bon et les patrons (Florence et Stéphane Marion) sont sympas ! Nichée au creux d’une dune, la maison de bois, démontée en hiver, renaît chaque printemps. Il n’y a pas vraiment d’adresse, et c’est mieux comme ça ! Ceux qui y viennent ne sont pas là par hasard ! De Pâques à septembre, chaque année, les habitués reviennent se régaler de la cuisine de Florence. Des duos soles Saint-Jacques au beurre d’agrumes, de risottos rougets épinards, des petits apéros de filles (fraises marinées dans du citron avec du blanc de blanc), des tipunch délicieux. Un petit resto de plage inratable ! La Cabane, Plage de Saint-Brevin-l’Océan.

Chic et broc

Pour Rodolphe, tout a commencé avec une échoppe de 8 m2 où l’ancien Nantais, qui venait en vacances à La Bernerie, s’est d’abord mis à exposer brocante et créateurs. En 2013, l’occasion se présente d’agrandir le magasin en y greffant la boutique voisine. Rodolphe et Elena, sa compagne italienne « venue en vacances ici et qui n’est plus jamais rentrée », ont donné à leur Kif Kif un ton branché, rigolo, accessible. Leur lieu est autant une boutique de jouets anciens réédités (comme le fameux bateau pop-pop) qu’une brocante d’art du XXe siècle à des prix canon : design vintage des années cinquante (Eames, Baumann), luminaires, tableaux, plein de grands et petits trésors. Kif Kif, 8 bis, rue du Maréchal-Foch, La Bernerie-en-Retz.

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