Les chapelles romanes corses

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Peu connues, mal indiquées, les chapelles romanes de l’île de Beauté constituent un patrimoine culturel et cultuel qu’il est possible de découvrir au hasard des routes de montagne.

Cela fait des années que Joseph Orsolini parcourt la Corse à la recherche d’un patrimoine religieux bien souvent en perdition. « Environ deux cents chapelles ont été recensées sur l’île. Mais il y en a eu beaucoup plus, peut-être le double, dont il ne reste aucune trace. » Dans son ouvrage, L’art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, paru sous l’égide du Parc naturel régional de la Corse, il décrit ainsi une vingtaine de chapelles romanes disséminées à travers toute l’île, oubliées ou inconnues, aux murs couverts de fresques admirables. Les trouver reste bien souvent un exploit. Les pancartes sont rares, même si depuis quelques années les plus belles d’entre elles sont répertoriées dans la plupart des guides de voyage. Bien souvent, il vous faudra effectuer sur place une véritable enquête pour en trouver la clé.

 

Des lieux sortant peu à peu de l’oubli

Les chapelles Saint-Nicolas à Sermanu et Saint-Thomas à Pastoreccia, toutes deux en Castagniccia, Saint-Michel à Castirla, près de Corte et Santa-Cristina, Valle dei Campoloru, près de Cen/ione, font partie de ces édifices construits du temps de Pise, décorés par les Génois et oubliés depuis par les Corses eux-mêmes. En 1077, la République de Pise obtient du pape Grégoire VII l’administration de la Corse. chapelle-murato-corseL’île est découpée en soixante-dix régions ecclésiastiques. Durant plus de deux siècles, Pise construira près de deux mille édifices cultuels. De style roman, les chapelles présentent une pièce principale et une abside circulaire en pierre abritant l’autel. Ni peinture ni décoration, le style est sobre, austère et dépouillé. À partir du 12e siècle, les choses évoluent. Les bâtisseurs profitent des richesses géologiques de l’île pour édifier les étonnantes églises polychromes de la Canonica (Bastia), de la Trinité d’Aregno (Balagne) et de Saint-Michel de Murato (Nebio). En 1284, la Corse passe sous l’autorité de Gênes. Si les Génois bâtissent moins, ils embellissent beaucoup. Ce sont eux qui apportent et enseignent l’art de la fresque aux peintres locaux tels que Nicolô Corso ou Simone di Calvi à qui on doit quelques-uns des somptueux décors actuels. Généralement, les fresques répondent toutes à une organisation précise. Le Christ-Roi, entouré de la Vierge et d’un apôtre, occupe l’abside. Les autres apôtres défilent le long du chapitre inférieur. Saint Michel terrassant le dragon occupe le mur méridional. À Saint-Thomas, une immense fresque, hélas bien abîmée, représente l’enfer où une poignée de diablotins hilares astiquent les « brebis égarées » dans leur plus simple appareil. Si ce patrimoine sort petit à petit de l’oubli, sa sauvegarde et sa restauration s’avèrent en revanche de plus en plus urgentes.

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