L’inde hors des sentiers battus

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Pour un premier voyage en Inde, les touristes choisissent généralement le RAJASTHAN ou le Sud du pays. L’Inde réserve pourtant bien d’autres surprises à ceux qui s’aventurent hors des sentiers battus. Avec la garantie, en prime, de ne pas être submergés par des flots de visiteurs occidentaux.

BÉNARÈS, ville sacrée de l’hindouisme

Dès 1956, Bénarès fut rebaptisée par l’Inde Indépendante «Varanasl », la ville aux confluents de deux rivières, Varuna et Assl. Ville sacrée de l’hindouisme, Varanasl attire chaque Jour des milliers de pèlerins venus de tout le pays pour se purifier dans les eaux sacrées du Gange. Pour profiter de ce spectacle à couper le souffle, Il faut se lever tôt, quand la brume enveloppe encore les berges et les palais qui bordent le fleuve. On peut parcourir les quais à pied, ou mieux encore, se laisser glisser en barque afin d’admirer la vie sur les ghâts, les marches de pierre qui conduisent au Gange pour y pratiquer des ablutions et des rituels d’adoration, les pujas : femmes aux saris chatoyants, prêtres et sadhus, les ermites vêtus de leur tissu orange traditionnel. Certains se font raser la tête avant de se plonger dans I’eau, les cheveux étant considérés comme Impurs, tandis que d’autres confectionnent des offrandes sous forme de petites coupelles de feuilles de bananier au centre desquelles trône une bougie. Déposée sur le fleuve, elle exaucera tous les souhaits. Varanasl est aussi la ville du dernier voyage : y mourir ou y être Incinéré permet de délivrer l’âme du cycle des réincarnations, le samsara. Certains ghâts comme le Manikarnika sont dédiés aux crémations. Les bûchers sont allumés par la flamme sacrée de Shiva, qui brûle en permanence dans le temple dédié â la divinité, et soigneusement entretenus par les hommes de la famille des défunts. Les femmes en revanche n’y sont pas admises car Jugées trop sensibles : leurs larmes pourraient nuire à la libération de l’âme des morts. Étrangement pourtant, l’atmosphère n’a rien de mortuaire, tout respire même la vie aux abords des ruelles de la vieille ville en amont du Gange : on y stocke le bols nécessaire aux crémations entre deux échoppes de chapatis brûlants, le pain traditionnel Indien. Le retour à l’hôtel, en tuk-tuk, s’avère épique : El faut louvoyer entre les piétons, les deux roues et les vaches sacrées qui ont tous les droits, même celui de bloquer la circulation !

NADESAR PALACE, un havre de paix

Après tant d’agitation, le Nadesar Palace, acquis en 2009 parle célèbre groupe hôtelier TaJ, apparaît vraiment comme un havre de paix, caché au milieu drun grand parc planté d’arbres fruitiers. Construit par l’East India Company au début du XVIIIe siècle, Il devint ensuite la propriété du maharajah de la ville. Têtes couronnées britanniques et chefs d’état Indiens s’y sont succédé et I’accuell reste pour le moins royal. Les VIP qui y séjournent sont même gratifiés d’un feu d’artifice de bienvenue… Comprenant seulement dix suites portant le nom d’hôtes célèbres comme Nehru ou Lord Mountbatten, le Nadesar Palace a tout d’un petit palais privé, avec son salon, sa salle à manger et sa véranda qui s’ouvre sur la piscine. Mobilier d’époque et brocarts tissés dans la région plongent Instantanément les hôtes dans un autre temps. Après un repos bien mérité dans les suites ou un soin au spa. Ils seront assez requinqués pour rejoindre de nouveau les ghâts à la nuit tombante et assister au Ganga Aarti, la cérémonie dédiée â la Lumière. Des lampions de toutes les couleurs Illuminent les prêtres qui célèbrent avec force encens et chants sacrés, Shiva et Krishna…

HYDERABAD, la «ville des Nizâms»

Aussi vaste que le Royaume-Uni, l’état d’Hyderabad, aujourd’hui l’Andhra Pradesh, fut Jadis l’un des Etats les plus puissants de l’Inde. Pendant près de deux siècles, les Nizâms, littéralement les « chefs du royaume », y régnèrent en généreux mécènes, attirant artistes, Intellectuels mais aussi Joailliers qui taillaient les diamants des légendaires mines de Golconde toutes proches et perçaient aussi les perles Importées du Japon. Une tradition qui perdure aujourd’hui encore : autour de l’emblème de la ville, Charminar, un arc de triomphe à quatre minarets contenant une mosquée, le bazar regorge de bijoux. Ce sont ces pierres précieuses qui firent du Nizâm Mir Osman Ail Khan, d’après le magazine Time dans les années 1930, « l’homme le plus riche du monde ». On raconte que sa collection de perles pouvait remplir une piscine ou paver la Place Piccadilly de Londres 1 II possédait, entre autres, trente-cinq palais, quatre cents voitures de luxe et le diamant Jacob, l’un des plus gros du monde, aujourd’hui dans les collections nationales Indiennes, dont Il se servait nonchalamment comme… presse-papier !

FALAKNUMA PALACE, un somptueux palais

Mir Osman Ail Khan fut aussi le dernier Nizâm à occuper le somptueux Falaknuma Palace avant l’Indépendance. Construit sur les hauteurs de la ville en 1384, ce palais est un étonnant mélange d’architecture Italienne et Tudor. Il fallut neuf ans pour l’édifier et vingt-deux pour le décorer : marbre Italien, chandeliers Osier, tapisseries françaises, meubles du Cachemire, lustres vénitiens, fresques en trompe l’œil… Rien n’est assez somptueux pour éblouir les hôtes qui, après avoir été accueillis par une pluie de pétales de roses, restent littéralement bouche bée devant ce qu’il convient bien d’appeler l’un des plus éblouissants hôtels du monde. Racheté par le groupe Ta], l’hôtel a ouvert ses portes en 2010 après dix ans de travaux et propose soixante chambres pour goûter à la vie Impériale. On y déambule en toute liberté, les yeux toujours écarquillés, entre la bibliothèque aux milliers d’ouvrages et l’époustouflante salle à manger qui pouvait accueillir cent convives, avant de rejoindre le high tea sur la véranda où, tradition anglaise oblige, le thé est servi accompagné de canapés aussi beaux que bons, en écoutant des chants traditionnels ourdous, et en admirant le soleil se coucher sur Hyderabad…

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